Aux origines 1976-1980 : le référentiel Margat

Les premières réflexions en France sur la nécessité de définir les aquifères et leurs limites sont nées dans les années 1960. J. Margat et L. Monition proposent alors la notion de système aquifère.

En 1976, une première tentative d'inventaire exhaustif et de délimitation de ces systèmes aquifères de première grandeur (aire ≥ 100 km²) est entreprise sur l'ensemble du territoire métropolitain. Elle se basera sur une interprétation des conditions hydrogéologiques connues et s'appuiera sur les modélisations hydrodynamiques déjà réalisées à cette date. Ce travail précurseur sera traduit par une cartographie spécifique à l'échelle 1/1 000 000 et une nomenclature ad hoc (à la fois numérique et nominale). Puis, avec M.J. Lienhardt, est réalisée la carte à l'échelle 1/1 000 000 des domaines hydrogéologiques, notion qui permet la prise en compte des secteurs sans grand système aquifère.

Ces systèmes aquifères de "première génération", au nombre de 172, étaient variés en étendue et d'inégales complexités. Leur délimitation pouvait être précisée ou révisée (à plus grande échelle) - y compris les conditions hydrodynamiques attribuées à ces limites -, et leur inventaire restait ouvert à l'adjonction de systèmes aquifères de second ordre, plus locaux, inclus dans les "domaines hydrogéologiques" initiaux.

Représentation cartographique du Référentiel Margat
Représentation cartographiques des systèmes aquifères
et domaines hydrogéologiques principaux du Référentiel Margat

 

Mais tous étaient conçus avant tout comme les unités de gestion pertinentes des ressources en eau souterraine et en conséquence comme les cadres logiques de modélisation et aussi de gestion des données. La définition de ces "unités" excluait toute subdivision (horizontale ou verticale) suivant des critères étrangers à l'analyse des systèmes aquifères

Cet ensemble de réalisation, connu sous le libellé de « Référentiel Margat » du nom de son concepteur Jean Margat, a permis de définir la base d’une classification hydrogéologique systématique en 5 grandes catégories de systèmes aquifères et de domaines hydrogéologiques.

 


De 1980 à 2002 : le référentiel BDRHF-V1

Pour répondre à leurs besoins locaux, différents opérateurs, notamment les agences et offices de l’eau, ainsi que les services géologiques régionaux du BRGM, ont retravaillé et affiné ce premier découpage national.

A partir de 1980, les limites des contours du référentiel Margat ont ainsi été modifiées, certaines entités hydrogéologiques ont été subdivisées ou créées et un travail de recodification a été mené. Ces efforts ont permis d'aboutir à une première synthèse nationale de ces travaux en 1993, livrée sous la forme d'une carte au 1/1 000 000.

En 1995 sont lancés véritablement les réflexions puis les travaux menant à l'élaboration d'un véritable référentiel cartographique national des eaux souterraines au 1/50000. Ces travaux dureront jusqu'en 2002, date à laquelle sort, avec l'appui de la Direction de l’Eau du Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, le 1er véritable référentiel hydrogéologique mis en œuvre au niveau national. Il est appelé BDRHF-V1 (Base de Données du Référentiel Hydrogéologique Français, version 1).

La version V1 de BDRHF rassemble ainsi, sous le nom générique « d’entités hydrogéologiques », 1 395 systèmes aquifères et domaines hydrogéologiques. Chaque entité hydrogéologique est considérée comme une unité de fonctionnement du milieu souterrain.

Représentation cartographique du Référentiel hydrogéologique BDRHF V1
Représentation cartographiques des systèmes aquifères
et domaines hydrogéologiques principaux du Référentiel BDRHF-V1

 

Cinq grandes catégories hydrogéologiques ont été définies pour classer ces entités :

  • Grands systèmes aquifères à nappes essentiellement libres (code 001 à 199),
  • Grands systèmes aquifères captifs (code 201 à 299),
  • Zones alluviales (code 301 à 499),
  • Domaines sans grand système aquifère individualisé, en terrain sédimentaires (code 501 à 599),
  • Domaines sans grand système aquifère individualisé, en terrains cristallins (code 601 à 699).

Ce référentiel est composé d’une cartographie nationale des entités hydrogéologiques en deux dimensions et à l’échelle 1/50 000 et d’une fiche descriptive synthétique, par entité hydrogéologique, élaborée selon les standards du SANDRE.

Pour accéder aux données de la BDRHF-V1.

 


    Depuis 2002 : le Référentiel BDLISA

    Rapidement, les limites et imperfections du référentiel BDRHF-V1 sont mises en évidence :

    • la représentation des entités reste limitée à la 2D,
    • il n'y a aucune notion de hiérarchisation des entités entre elles,
    • les entités non affleurantes (aquifères captifs et profonds, multicouches) ne sont pas cartographiées,
    • la représentation reste très schématique pour certains domaines tels que les karsts, les nappes alluviales ou les aquifères de terrains volcaniques notamment.  

    Une phase méthodologique du futur référentiel BDRHF-V2 (qui sera renommé par la suite BDLISA) s'amorce alors, définissant les principes fondateurs du référentiel et mettant en place les méthodes de découpage des entités pour ces différents niveaux et selon les principaux contextes géologiques. En parallèle, un modèle conceptuel de données est défini, conjointement avec le SANDRE, pour l'élaboration de la base de données du référentiel.

    De 2006 à 2010, le référentiel BDLISA se construit, par étapes, régions par régions. S'en suit un travail d'harmonisation de ces travaux régionaux au sein de chaque bassin hydrographique puis au niveau national (2010-2011).

    Exemple de représentation 2D et demie de la BDLISA dans le bassin Seine-Normandie
    Représentation schématique des empilements d'entités hydrogéologiques
    dans la BDLISA V1 au niveau du bassin Parisien

     

    En 2012, une version beta du référentiel BDLISA est produite mais la véritable première version complète au niveau nationale est la version 0, diffusée en 2013.

    En 2015, la version 1 est produite, comportant plusieurs mises à jour correctives et des évolutions importantes (meilleure prise en compte des alluvions, meilleure identification des entités karstiques...).

    En février 2018 sort la version 2 de BDLISA, version actuellement en cours.