Le référentiel BDLISA suit quatre principes fondateurs :

  • Une unité de base : l'Entité hydrogéologique;
  • Trois niveaux de visualisation des entités hydrogéologiques;
  • Un ordre stratigraphique des entités hydrogéologiques;
  • Un principe de complétude : couverture complète, filiation et héritage.

 


Les entités hydrogéologiques

La BDLISA est une base de données qui décrit des entités hydrogéologiques. Ces entités représentent un espace géologique caractérisé par des propriétés hydrogéologiques communes. La méthode de délimitation de ces entités est homogène sur l’ensemble du territoire et dépend du domaine géologique dans lequel elles se situent.

La base de données est constituée de trois types d'entités et d'une caractérisation des limites entre les entités à l'affleurement. L'ensemble de ces éléments compose ainsi la BDLISA :

  • Les entités principales : ce sont les entités qui respectent les règles de cohérence et d'homogénéité. Elles sont représentées par un ou plusieurs polygones (certaines entités peuvent être disjointes) et leur ordre dans les différentes couches géologiques est également pris en compte. En revanche, la profondeur et l'épaisseur des couches ne sont pas représentées.
  • Les entités complémentaires : elles constituent des cas particuliers difficilement intégrables dans le cadre général de la BDLISA. Contrairement aux précédentes entités, celles-ci ne respectent pas forcément les règles de cohérence et d'homogénéité du référentiel. Cette couche comprend essentiellement des formations alluviales non réservoirs ou des formations superficielles de types limons, lœss ou tourbes.
  • Les couches thématiques : elles représentent des entités hydrogéologiques principales (accompagnées parfois de complémentaires) selon un thème géologique particulier et/ou pour répondre à un objectif particulier. Deux couches thématiques sont actuellement proposées dans la BDLISA V2 : la couche des « Zones karstiques » et la couche des « Altérites meubles du socle ».
  • Les limites des entités à l'affleurement : Les limites des entités hydrogéologiques à l'affleurement sont représentées dans une couche géographique. Ces limites sont caractérisées par un attribut associé aux contours qui composent les entités hydrogéologiques.

 


Les niveaux de représentation

Les entités hydrogéologiques sont emboîtées au sein de trois échelles spatiales pour offrir différents niveaux de consultations et d'utilisation de la BDLISA :

  • Le niveau national NV1 : il est utilisable pour la mise en œuvre des politiques publiques ou pour des projets à échelle nationale. La gamme d'échelles d'utilisation varie du 1/500 000 au 1/1 000 000.
  • Le niveau régional NV2 : il est utilisable pour la réalisation d'atlas hydrogéologiques régionaux ou pour l'évaluation des ressources en eau souterraine à l'échelle régionale. La gamme d'échelles d'utilisation varie du 1/150 000 au 1/500 000.
  • Le niveau local NV3 : L'échelle locale permet d'appuyer des études comme la réalisation de cartes piézométriques ou la modélisation d'un aquifère par exemple. La gamme d'échelles d'utilisation varie du 1/50 000.

La délimitation initiale des entités hydrogéologiques s'effectue à l'échelle du niveau local (NV3). Les entités régionales (NV2) étant constituées à partir des entités du niveau 3 et les entités du niveau national (NV1) constituées à partir des entités de niveau 2 (emboîtements successifs).

Un exemple d'emboîtement des trois niveaux de représentation de la BDLISA est présenté dans la Figure 1 ci-dessous.

Série de trois cartes représentant les trois niveaux de visualisation de la BDLISA - Exemple du Grand système aquifère multicouche Plio-Quaternaire des landes de Gascogne et du Lannemezan.
Figure 1 - Emboîtement des trois niveaux de représentation de la BDLISA – exemple du Grand système aquifère multicouche Plio-Quaternaire des landes de Gascogne et de Lannemezan.
a) NV1, b) NV2 avec trois entités distinctes et c) NV3 avec 8 entités distinctes.

 


L'ordre stratigraphique des entités

La méthode de construction de la BDLISA prend en compte la dimension verticale des entités hydrogéologiques qui se superposent. Lors du découpage des entités hydrogéologiques, leurs différents niveaux de recouvrement sont indiqués par un ordre « absolu », valeur arbitraire s'apparentant à un âge stratigraphique (Figure 2 a).

En tout point du territoire, la valeur absolue de chaque entité hydrogéologique est comparée aux valeurs absolues des autres entités hydrogéologiques présentes en ce point. Ainsi, un ordonnancement relatif est attribué à une portion d'entités hydrogéologique, correspondant au positionnement relatif de l'entité comparativement aux autres entités présentes dans la pile. Le numéro d'ordre relatif permet d'identifier les différents niveaux de recouvrement d'une entité donnée (Figure 2 b).

Un premier schéma représente cinq entités hydrogéologiques ordonnées verticalement selon l'ordre absolu. Un second représente ces cinq mêmes entités hydrogéologiques ordonnées verticalement selon l'ordre relatif.
Figure 2 - Schématisation de la succession verticale des entités hydrogéologiques.
a) Ordre absolu et b) ordre relatif.

Les autres principes fondateurs

En complément des trois principes de construction précédents, l'édification de la BDLISA est également encadrée par les trois notions suivantes :

  • La complétude : la totalité du territoire national est recouverte par des entités et pour tous les niveaux de visualisation.
  • La filiation : une entité de niveau local (NV3) est rattachée à une entité de niveau régional (NV2) qui l'inclut et qui est elle-même rattachée et incluse dans une entité de niveau national (NV1).
  • L'héritage : cette notion découle de la filiation. Elle retranscrit essentiellement l'héritage des limites des entités de niveau 3 vers le niveau 2, puis vers le niveau 1. Dans certains cas, l'héritage peut également concerner certaines propriétés hydrogéologiques. En effet, une entité de niveau 2 composée exclusivement d'entités de niveau 3 aquifères à nappe libre sera fort logiquement caractérisée comme aquifère à nappe libre.